Musicien original et inventif, mais aussi conteur de génie, Nosfell, un homme dont on ne sait presque rien, fait découvrir à travers une expérience musicale unique, un univers à part entière, le Klokochazia, pays de magie, de légendes et d'esprits, à travers des chansons en anglais et dans une langue qu'il est seul à connaître, le Klokobetz.
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La musique de Nosfell est ainsi destinée à faire voyager l'auditeur, avec un mélange habile d'instrumentations, qui, à l'exception du violoncelle et de la basse (joués par Pierre Le Bourgeois) , sont toutes réalisées par ses propres soins. Ainsi, la guitare acoustique, tantot légère et éthérée, tantot violente, rencontre les percussions "à la bouche" et se marie parfaitement avec une impressionante maitrise de la voix, dont les nuances extrèmes permettent jusqu'à l'interprétation de différents "rôles" : il n'est pas rare d'entendre des chants aigus presque féminins cotoyer une voix grave et puissante dans une même chanson, les instruments de Pierre Le Bourgeois ajoutant une dimension et une profondeur hypnotisante, et participant à la création d'une ambiance, un univers. Univers propice au voyage de l'auditeur, mais paradoxalement pas si dépaysant.Mais c'est sur scène qu'il faut voir le phénomène. Jonglant avec les samples, enregistrant tout successivement, Nosfell construit au fur et à mesure les bases de ses chansons, sur lesquelles il s'autorise toutes les excentricités vocales ou corporelles, entrant véritablement dans chaque "personnage" jusqu'aux plus infimes intonations et mimiques faciales. Chaque chanson est accompagnée d'une courte introduction, Nosfell improvisant des histoires aussi incompréhensibles qu'hilarantes et poétiques, contribuant à l'immersion du public dans cet univers fascinant. Pierre, virtuose du violoncelle, ponctue quant à lui chaque titre d'improvisations et d'effets sonores, jouant autant sur l'harmonie que sur les dissonances. |
Ce soir du 25 octobre, Nosfell se produit à l'Olympia, une salle permettant de conserver en partie l'ambiance intimiste indispensable à l'expérience, tout en rassemblant pour la première fois un public si nombreux. Public presque intégralement composé de fans, accueillant le duo avec des hurlements de joie, alors que les premiers choeurs de "Children of Windaklo" se font entendre. Le ton est donné directement, avec une interprétation magistrale, pleine d'émotion, de grâce, enchaînant crescendos et explosions, et une conclusion des plus surprenantes, jouant sur les effets au point d'ajouter une touche électronique à l'ensemble… S'ensuivent "The Wise Left Hand" puis "I Jalin Bebdei", Nosfell et Pierre transportent un public déjà conquis dans un univers qu'il est toujours incroyable de redécouvrir, avant de se retirer derrière le seul élèment de décor, un voile sur lequel sont alors projetées leurs silhouettes en ombres chinoises, pour des versions très épurées de "Shaunipul" et "Sladinji the grinning tree". Nosfell n'en oublie pas ses contes improvisés, avec particulièrement plus d'humour que d'habitude ("... Cet homme traça alors une ligne du nord au sud, pour partager le pays en deux parties à peu près égales. Par souci de symétrie, une bande de terre décida de pousser dans la région de Shimdega. Le tout ressembla alors à un test de Rorschach… Une grosse tâche...") La magie s'opère jusqu'à la fin du concert, s'achevant sur plusieurs rappels et autant de standing ovations, qui ne manquent pas de toucher le duo...
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En offrant à qui veut l'entendre une expérience unique allant bien au delà de la musique,
Nosfell passionne les foules et attire à lui un public toujours plus nombreux, d'une hétérogénéité
étonnante. Le concert à l'Olympia est comme une consécration de son art, autant pour sa popularité
que pour ses interprétations des chansons, sans oublier pour la performance de Pierre le Bourgeois,
toujours plus impressionant. On regrettera cependant une ambiance pas encore assez intimiste, de
par la taille de la salle et les réactions intempestives d'un public qui devrait savoir se montrer
plus effacé, plus transporté qu'expansif… Ainsi qu'un Nosfell apparement trop ému pour se fondre
entièrement dans son personnage entre les chansons. Mais cela ne gâche en rien le plaisir d'un
spectacle, d'une expérience inédite dans le paysage musical français ! |
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Quelques liens :
Video live sur Telerama.fr
Le site officiel, mais y'a pas grand chose...
Le forum officiel.
(Texte et Photos : Cookie, 2005.)
(Album Photo : "Nosfell, la cigale".)